Le génie électrique et informatique industrielle est une spécialité de BUT (bachelor universitaire de technologie, qui a remplacé le DUT) préparée en 3 ans en IUT. Elle forme des techniciens supérieurs en électronique, en énergie et en automatisme, avec un niveau bac+3.
Le diplôme mène directement à l’emploi ou à une école d’ingénieurs. Voici ce que recouvre la formation, parcours par parcours, puis ce qu’elle ouvre.
Le génie électrique et informatique industrielle, c’est quoi ?
Le BUT GEII s’étend sur 6 semestres. Il part d’un principe simple : un équipement industriel moderne mêle de l’électricité, de l’électronique et du logiciel, et le technicien doit maîtriser les trois.
La formation vise des compétences communes : concevoir la partie GEII d’un système, vérifier cette partie et assurer son maintien en condition opérationnelle. L’informatique industrielle désigne ici la programmation des automates, des cartes électroniques et des systèmes qui pilotent une machine ou une installation.
Le niveau est celui d’un technicien supérieur, avec un titre d’ingénieur en ligne de mire pour ceux qui poursuivent. Un ingénieur électricien se situe un cran au-dessus, à bac+5.
Concrètement, un diplômé de GEII peut aussi bien dépanner un variateur de vitesse que programmer un automate ou concevoir une carte de mesure. Cette polyvalence explique que les entreprises du bâtiment, de l’énergie et de l’industrie recrutent dans les mêmes promotions.
Les parcours du BUT GEII
La première année est un tronc commun. Le choix du parcours intervient à partir de la deuxième année, et les établissements ne le placent pas tous au même moment. Trois parcours existent :
- Électricité et maîtrise de l’énergie (ÉMÉ) : installation d’un système de production, gestion de l’énergie, énergies renouvelables et mobilité électrique.
- Automatisme et informatique industrielle (AII) : intégration d’un système de commande et de contrôle, programmation d’automates, supervision.
- Électronique et systèmes embarqués (ÉSE) : implantation d’un système matériel ou logiciel, cartes électroniques et programmation embarquée.
Le parcours AII touche de près l’intelligence artificielle appliquée à l’usine : on retrouve cette logique dans l’article sur le pilotage des processus industriels par l’IA.
Le parcours ÉSE forme à lire le comportement d’un contrôleur électronique, ce que montrent les codes d’erreur d’une trottinette électrique, un cas courant de système embarqué.

Matières, projets et stages au programme
Le programme compte 2000 heures d’enseignements et 600 heures de projets tutorés, avec un rythme de 35 à 45 heures par semaine. Environ la moitié des heures est consacrée à la pratique : travaux pratiques, projets en petits groupes et mises en situation professionnelle.
Les enseignements reposent sur des sciences de base (mathématiques, physique appliquée) et sur des matières techniques : électronique analogique et numérique, électrotechnique, automatique, programmation. Une part du programme porte aussi sur les réseaux industriels, où il faut savoir distinguer un hub d’un switch avant de câbler une ligne de production.
Les stages totalisent 22 à 26 semaines en formation initiale. L’alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) est possible sur tout ou partie du cursus selon les IUT et les parcours, et certains établissements la proposent dès la première année.
Le contrôle des connaissances se fait en contrôle continu : les notes s’accumulent tout au long des semestres, sans examen final unique. Les projets tutorés comptent beaucoup dans cet équilibre, puisqu’ils placent l’étudiant devant un cahier des charges proche de celui d’un bureau d’études.
Admission : quel bac pour entrer en GEII ?
La formation est accessible après un bac STI2D ou un bac général à orientation scientifique. Un bac professionnel MELEC ou SN permet aussi d’y accéder. Les spécialités mathématiques et numérique et sciences informatiques sont de bons appuis dans un dossier de bac général.
Le dossier est jugé sur les résultats scientifiques et sur l’intérêt pour l’électricité, l’électronique et les systèmes industriels. Les critères exacts varient d’un IUT à l’autre : la fiche de chaque établissement les précise.
Les métiers accessibles après un BUT GEII
Les postes visés sont techniques : électronicien, électrotechnicien, automaticien ou roboticien, technicien de maintenance, assistant ingénieur. Avec l’expérience, on évolue vers chef de projet, chef de chantier ou relation client.
Les débouchés couvrent l’électronique et les systèmes embarqués, les automatismes industriels, la gestion technique du bâtiment, la mobilité électrique et les énergies renouvelables.

Un technicien de maintenance travaille souvent sur des armoires électriques et des automates déjà installés. Un automaticien intervient plutôt en amont, sur la programmation d’une ligne.
Un technicien en bureau d’études conçoit ou adapte un schéma électrique, tandis qu’un technicien de maintenance diagnostique les pannes sur site. Les deux métiers demandent de comprendre à la fois le matériel et le logiciel qui le commande, ce que la formation GEII travaille dès la première année.
Poursuivre ses études après un BUT GEII
Deux voies existent après les 3 ans : le master ou le diplôme d’ingénieur. Le master EEA (électronique, énergie électrique, automatique) et le master informatique sont les deux masters cités pour cette formation. Côté écoles d’ingénieurs, les INSA, l’UTBM, l’ENSEIRB, l’ISEN et les écoles Polytech accueillent des diplômés de GEII.
L’alternance se prolonge souvent en école d’ingénieurs : l’article sur les BUT informatique en alternance détaille ce que valent ces cursus en contrat d’apprentissage.
Un diplômé qui vise l’emploi à bac+3 garde un profil recherché par les industriels. Celui qui hésite peut décider au fil des semestres, en fonction de ses résultats et du parcours choisi.

